S’accorder une pause

Depuis que je suis maman, mais plus particulièrement depuis que mon homme est parti pour son nouveau travail à l’autre bout de la France, j’ai souvent l’impression d’avoir la tête dans le guidon. Toute mes journées tournent autour de mes filles, des tâches ménagères, des obligations quotidiennes…

Le soir, quand j’ai réussi à coucher mes deux bébés, quand j’ai pendu le linge et débarrassé le séjour pour ne plus avoir l’impression de vivre dans une halte-garderie, je peux enfin lever la tête et prendre le temps de souffler. En général, à cette heure-là, je ne suis plus capable de grand chose, et il ne faut plus en demander beaucoup à mes neurones. Il y a donc une petite liste de choses que j’aime faire pour me vider la tête :

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* regarder un film ou une série (d’ailleurs, c’est bientôt le retour de Game of Thrones !), blottie sous mon plaid

* prendre un bain à la lueur d’une bougie parfumée

* parcourir mes blogs préférés ou en découvrir de nouveaux (et par la même occasion, ajouter en favoris des tas de DIY géniaux que je n’aurai jamais le temps de faire !)

* jouer à des jeux en ligne, pas des jeux d’argent hein, mais juste des jeux qui me permettent de me déconnecter pour un temps, de débrancher l’histoire d’une demi-heure. Paradoxe, après avoir cuisiné toute la journée, ce sont les jeux de cuisine que j’apprécie particulièrement, comme Papa’s Pancakeria.

* et bien sûr, Skyper avec mon cher et tendre qui, de son côté, s’ennuie tout seul dans son appart-hôtel

Toutes ces choses ne sont pas productives a priori, sauf que faire quelque chose d’inutile, parfois, ça peut être utile (j’ai bien conscience que là, je ne suis pas très claire). Me vider ainsi l’esprit me permet de ne pas éclater comme une cocotte-minute et d’être plus disponible pour mes filles le lendemain matin.

Et vous, vous faites quoi pour vous vider la tête quand le besoin s’en fait sentir ?

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Extrémismes

Je vous rassure, je ne vais pas me mettre à parler politique sur le blog, mais plutôt principes d’éducation. A force de lire des articles sur des blogs, dans des magazines, de feuilleter des livres, d’entendre des émissions ou de discuter avec des parents (de toutes générations d’ailleurs), j’ai découvert qu’il existait de nombreux courants en matière d’éducation, tous défendus par des experts bien que très différents. Personnellement, je ne me range dans aucune case, même si je pense me rapprocher de ce qu’on appelle l’éducation non violente ou parentalité positive. Pour autant, je n’ai pas forcément envie d’appliquer tous les principes prônés par ce courant. En fait, je pique des idées par ci par là, j’écoute mon instinct aussi, surtout même. Je ne pense pas qu’il n’y ait qu’une seule bonne façon d’éduquer son enfant et en plus, les erreurs sont forcément inévitables. On fait de son mieux, voilà tout.

Mais certaines idées sont effrayantes il faut bien le dire, que ce soit du côté de la parentalité positive ou du côté d’une éducation plus « stricte ». J’ai lu des choses qui m’ont fait peur, j’ai lu des choses qui m’ont mise en colère, j’ai lu des choses culpabilisantes pour des jeunes parents qui font pourtant de leur mieux.

J’ai lu par exemple qu’il ne fallait plus laisser un doudou à son enfant dès ses 2 ans,dixit Aldo Naouri, un pédiatre dont j’ai d’emblée détesté les idées. Nos enfants sont euh… ben… des enfants, en fait ! Pas des petits soldats ! A savoir que ce même pédiatre a été critiqué pour avoir plus ou moins fait l’apologie du viol conjugal, ça donne une idée du personnage… D’un autre côté, j’ai lu des propos émanant d’un blog sur le maternage proximal et la parentalité proximale qui disaient, grosso modo, qu’aucune erreur d’éducation n’était irrattrapable (jusque là tout va bien), et qu’il ne fallait pas s’inquiéter si on avait lu des histoires avec des ours qui parlaient à notre bébé. Ouhlala ben j’ai sacrément maltraité mes filles moi ! D’abord c’est culpabilisant, parce que si ça pour eux c’est une erreur d’éducation, comment appeler les vraies erreurs ? Et d’autre part, évidemment chacun en pensera ce qu’il voudra, mais je ne considère pas que ma fille risque d’être perturbée par ses lectures parce qu’il y a des animaux qui parlent dedans.

Voici typiquement deux exemples extrêmes qui m’ont choquée.

Parfois aussi, je lis une idée qui me semble bonne mais un peu exagérée. Alors je l’adapte, de façon à ce qu’elle corresponde plus à la vision que j’ai de l’éducation.

En fin de compte, l’éducation c’est un peu comme la politique ! Il y a du bon et du mauvais de tous les côtés et quand on s’approche des extrêmes, il est temps de sortir les pincettes ! (Oups, et moi qui avais dit que je ne parlerais pas politique…)

Conclusion : si vous vous sentez de la sympathie pour une méthode d’éducation, n’hésitez pas à vous en inspirer, mais n’hésitez pas non plus à faire le tri et à ne pas prendre tout pour argent comptant. Si une petite voix en vous vous dit que ce n’est pas une bonne idée, elle a probablement raison !

L’instinct maternel, ou quand les tripes parlent

Cela faisait longtemps que j’avais envie de parler d’instinct maternel. Finalement, ce terme est assez flou. Qu’appelle-t-on réellement l’instinct maternel ? Avant d’avoir des enfants, je pensais que cet instinct était ce qui guidait une mère pour faire les choses correctement avec son bébé. J’entends par là changer une couche, donner un biberon, porter son bébé, etc… Et quand Coquillette est née, j’ai été plutôt désemparée de voir qu’il ne m’était pas du tout naturel de changer une couche, et que je n’étais même pas très bonne pour ça.

Le temps passant, j’ai compris que l’instinct maternel n’était pas ce que j’avais imaginé. J’ai compris que ce n’était pas parce que je me sentais maladroite en changeant les couches ou en faisant la toilette de mon bébé que je n’avais pas été dotée de cet instinct. Peut-être certaines d’entre vous auront un avis différent sur la question, mais pour moi, l’instinct maternel est quelque chose que je ressens très intensément, physiquement, c’est viscéral. Je pourrais aussi le qualifier d’instinct protecteur. C’est ce qui fait que si mon bébé pleure, j’ai envie (ou besoin) de m’occuper de lui sans attendre, c’est ce qui fait que je frémis quand quelqu’un le prend dans ses bras, c’est ce qui fait que je sais tout de suite quand quelque chose ne va pas. Récemment, nous avons eu droit à une épidémie de grippette à la maison. J’ai su que Coquillette l’avait attrapée la veille au soir du jour où elle l’a réellement déclarée. C’est ce qui fait aussi que si je suis dans une autre pièce, je sais si c’est Crapulette ou Coquillette qui pleure, même si d’autres bébés ou enfants sont avec.

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Si j’ai eu envie de parler de ça ce soir, c’est parce que j’étais en train de regarder la saison 2 de la série Masters of sex et que dedans, un bébé pleurait sans que personne n’intervienne. Je me suis rendu compte que je ne le supportais pas. J’ai connu le même phénomène quand j’étais enceinte de Crapulette, devant Breaking Bad cette fois, voir le visage d’un bébé en train de pleurer m’a littéralement fait fondre en larmes. Bon évidemment, j’étais enceinte, mon état de grande émotivité n’a donc rien arrangé !

Je me demande si cela est dû au fait que j’ai deux bébés à la maison, ou si c’est à cause des hormones que mon corps produit parce que j’allaite encore ? Est-ce un phénomène qui va perdurer ? Et vous, avez-vous identifié des changements dû à l’instinct maternel chez vous ? Est-ce passé avec le temps ?

Quand elle voudra

Coquillette, à 23 mois, ne « parle » pas au sens où on l’entend généralement. Du moins, elle ne parle pas avec des mots. Elle sait en dire quelques uns mais « maman » par exemple, ne fait toujours pas partie de son vocabulaire. Cela fait pourtant plusieurs mois que quasiment chaque personne que l’on croise, qu’elle soit de la famille, des amis ou un parfait inconnu, nous demande en la voyant si elle « parle », ou ce qu’elle « dit » comme mots.

Je leur explique donc qu’elle ne parle pas au sens généralement admis, mais qu’elle n’est pas pour autant en reste pour se faire comprendre ! Je vous avais en effet déjà parlé de son aptitude à s’exprimer en utilisant des gestes. Je ne sais pas pourquoi, cependant, ça a l’air de ne pas faire l’affaire pour les gens. Est-ce parce que ça leur demande un travail d’adaptation pour la comprendre ? Est-ce parce qu’ils considèrent qu’il y a urgence à la faire « parler » ? Où est l’urgence pourtant ?

Il y a quelques semaines, j’ai dû me « fâcher » sur ma grand-mère. Elle montrait un chien à Coquillette en lui demandant ce que c’était. Coquillette, tout naturellement, tira la langue, c’est un des premiers signes qu’elle a imaginé totalement seule d’ailleurs. Il signifie chien, parce que souvent, les chiens tirent la langue. Bref, là-dessus, voilà que ma grand-mère lui crie « non, c’est un chien ». Oui, c’est exactement ce qu’elle vient de dire ! Mais ma grand-mère, comme de nombreuses personnes avant elle, a alors émis cette hypothèse : « elle ne fera aucun effort pour parler si elle sait se faire comprendre comme ça, alors que si elle voit qu’on ne comprend pas, elle sera obligée de se mettre à parler ».

Traduction, laissons donc Coquillette se sentir incomprise, essayer en vain de se faire comprendre et puis comme ça, pouf, du jour au lendemain, elle va parler. Bien sûr. Parce que bien sûr, si elle ne parle pas, c’est uniquement parce que je lui ai laissé l’opportunité de s’exprimer autrement qu’avec des mots.

Coquillette n’est pourtant pas la seule petite fille de son âge à ne pas parler. Et je suis bien contente qu’elle dispose de ce moyen d’expression parce que que ferait-elle  sans cela ? Exactement ce qu’elle faisait avant de s’exprimer par signes : elle crierait à longueur de temps. Elle se mettrait en colère parce qu’on ne la comprendrait pas, elle serait frustrée, pleurerait, tout le monde serait tendu. Bref, on serait loin du tableau actuel où on peut rire et converser avec notre charmante et adorable fille, souriante et super rigolote.

D’autre part, pourquoi serait-ce si nécessaire que Coquillette parle tout de suite ? Elle a bien le temps de s’y mettre. Nous, adultes, sommes pressés d’entendre sa voix, là est la seule urgence. Je reconnais que moi-même je suis pressée de l’entendre me dire « maman ». Mais ce n’est que de l’impatience ! Dès notre enfance, on nous apprend pourtant que c’est pas joli-joli d’être impatient…

Je finirai en rappelant quelque chose que beaucoup de monde a tendance à oublier, c’est que chaque enfant se développe et progresse à son rythme. Souvent les bébés, dans leur développement, privilégient la motricité au détriment du langage ou vice versa. Les spécialistes s’accordent tous à dire que c’est normal. Ben voilà, Coquillette elle marche, elle court, elle grimpe partout, c’est un vrai petit chimpanzé d’ailleurs. Alors les mots, ce sera simplement quand elle voudra.