L’arrivée en trombe de Crapulette

poids

Crapulette a décidé de nous rejoindre le jeudi 11 septembre et on peut même dire qu’elle était d’un seul coup très pressée de nous rejoindre ! Alors non mon deuxième accouchement n’a pas été parfait, oui il a été douloureux, mais je ne peux pas vraiment me plaindre parce qu’au moins, il a été très rapide. Et j’ai plutôt bien géré l’affaire, en tout cas jusqu’au moment où j’ai annoncé à mon mari que j’allais « mourrrrriiiiirrrr », les yeux emplis de détresse. (La preuve qu’on oublie vite, à peine plus d’une semaine après, je suis déjà capable d’en rire !)

Le travail a commencé alors que Coquillette passait trois jours chez sa grand-mère pour que nous puissions profiter de quelques jours en amoureux avant le début de notre vie à quatre. Nous avions quand même déjà eu le temps de faire deux restos, un ciné, une grasse matinée, le timing était donc plutôt bon ! Les contractions m’ont réveillée un peu avant 3h30 du matin. Je n’étais pas sûre du tout que ce soit ça, la douleur n’était pas très forte, mais elle m’empêchait de me rendormir et je me suis donc levée, tout en laissant mon homme dormir. J’ai rangé un peu le salon, j’ai fait la vaisselle, et je me suis vite rendu compte que non seulement les contractions persistaient, mais se rapprochaient de plus en plus. J’ai préparé un thermos de café pour que mon mari tienne le coup à la maternité, et j’étais en train de compléter ma valise quand il s’est justement réveillé. Un peu dans le gaz il a commencé à se préparer, je suis allée prendre une douche, cool, mais quand j’ai vu que les contractions survenaient toutes les cinq minutes, je me suis dit qu’il était peut-être temps qu’on se mette en route…

Un quart d’heure plus tard nous arrivions au bloc obstétrical et la sage-femme m’invitait à monter sur sa table pour m’examiner. Ce fut un peu le tournant de la situation. Alors qu’elle est en train de contrôler l’état de mon col, je vois ses yeux s’agrandir. « Mais vous êtes déjà à 7 cm ! Mais vous n’avez pas du tout la tête de quelqu’un qui est dilatée à 7 cm ! » Je suis la première à tomber des nues puisque je m’étais dit qu’au mieux, je serais à 4 cm, étant donné l’importance de mes douleurs par rapport à la première fois. Là, il est environ 5h30 du matin.

Elle me demande si je veux la péridurale. Sans hésitation, je lui réponds que oui, je ne veux plus connaître les douleurs de la première fois (j’avais voulu tenir le plus longtemps possible sans péridurale et résultat, je m’étais retrouvée contrainte d’attendre d’être à 8 cm avant d’en profiter). Elle m’annonce que ce sera non pas une péridurale mais un rachis anesthésique. OK, ça me va, je me rappelle vaguement mes cours de préparation à l’accouchement pour la première fois et le rachis est pour moi associé à rapide. Parfait.

On m’installe directement dans une salle d’accouchement mais j’apprends qu’à cause de cette satanée lune (encore !), nous sommes quatre en même temps sur le point d’accoucher, pour une seule sage-femme. Bon, pas grave, pour l’instant, je gère, j’ai mal mais pas trop. L’anesthésiste arrive vers 6h10 et c’est parti pour la piqûre. Plus douloureux que dans mes souvenirs mais il faut dire que pour la péridurale, j’étais à moitié dans les vapes. Il me demande de ne pas sursauter (ils sont marrants ces anesthésistes, franchement), je me concentre donc et me prépare à la douleur dans le dos, à l’endroit de la piqûre, logique quoi ! Et là, BAM ! grosse douleur dans la jambe. Ben forcément, j’ai sursauté, ils auraient pu me prévenir que ça risquait d’arriver quand même ! Bref, je me fais engueuler, mais je suis contente parce que bientôt, je ne sentirai plus rien. Sauf que…

Les minutes passent, et je sens mes jambes s’engourdir, mais j’ai toujours mal dans le ventre et une affreuse douleur commence aussi à s’installer dans mes hanches, mes cuisses, et le bas de mon dos. Au bout de 20 minutes, ayant de plus en plus mal, j’appelle quelqu’un pour savoir si c’est normal. Une aide-soignante me répond que oui, et que si mes jambes s’endorment, le reste va suivre. Je prends mon mal en patience, enfin j’essaie, mais j’ai de plus en plus mal et le pire, c’est que mes jambes sont totalement endormies et que je ne peux pas bouger pour soulager mes contractions. J’annonce à mon mari que si ça continue, je vais commencer à me transformer et ça ne loupe pas : peu de temps après je deviens incapable de m’empêcher de crier, les larmes coulent sur mes joues et j’ai très peur. Très peur parce que je réalise que pour maintenant, je vais accoucher sans anesthésie (enfin si, mais seulement des jambes, le truc complètement inutile).

Face aux regards désespérés que je lui lance, mon homme appelle la sage-femme qui arrive en me demandant si ça pousse. A vrai dire, j’en sais rien, tout ce que je sais c’est que j’ai mal et qu’il faut que ça se finisse MAINTENANT ! Elle contrôle mon col, je suis à 9 cm, elle décide de percer la poche des eaux. Au passage, elle s’excuse d’être pleine de sang, elle vient juste d’accoucher une autre femme et n’a pas eu le temps de se changer. Je ne lui en veux pas du tout, mais je maudis la lune de toujours déclencher mon accouchement en même temps que plein d’autres ! La sage-femme repart mais 2 minutes après, je la rebipe, je n’en peux plus de douleur. Cette fois-ci je suis quasiment à dilatation complète et elle m’installe pour le grand moment.

Pour la petite anecdote, alors qu’elle court dans tous les sens, l’aide-soignante rentre dans la pièce, deux de tension, et annonce tranquillement que le gynéco présent ne veut pas monter parce que je ne suis pas sa patiente. PUT*** CONN*** !! Ce n’est pas sorti tout haut, je crois que j’avais trop mal et que j’étais trop stupéfaite pour réagir, mais je lui crie dans ma tête tous les jours depuis ce moment !

La suite se passe très vite, je revois la sage-femme me raser à toute vitesse, je l’entends dire « ne poussez pas encore ! » plein de fois d’affilée, puis, que je peux y aller. Bizarrement, alors que je pensais avoir perdu les moyens de pousser correctement, j’y arrive très bien et il ne faudra que quelques secondes à Crapulette pour sortir. 7h18 : d’un seul coup, elle est là, on me la pose dans les bras, toute chaude et hurlante mais à peine sur moi, elle se calme. A ce moment, je ne pense déjà plus à la douleur, je veux juste la serrer contre moi, la protéger, lui dire que tout va bien se passer parce que je l’aime déjà tellement fort. Tournant la tête, je vois que le gynéco est quand même arrivé entre temps, il écarte les bras, l’air impuissant : ben oui, le temps que tu te décides, on n’avait plus besoin de toi !

C’est seulement plus tard que je réalise que cet accouchement était plutôt bien réussi et conforme à ce que je souhaitais sans oser le demander : tout a été tellement vite qu’on ne m’a pas sondée, on ne m’a pas fait d’épisiotomie (je n’ai eu qu’une minuscule déchirure mais je vous en reparlerai une autre fois), il n’y a pas eu besoin de ventouse pour sortir Crapulette, contrairement à Coquillette. J’ai ensuite pu donner le sein à mon bébé tout neuf avant la fin de sa première demi-heure de vie, tout comme je le désirais. Et bien que j’aie souffert, je suis finalement contente d’avoir connu ces sensations (mais une fois ça suffit !)

Grosse déception en tout cas pour le rachis anesthésique qui vendait pourtant du rêve, surtout que si je n’ai quasiment pas eu de douleurs post-accouchement, contrairement à la première fois où j’avais l’impression d’avoir le coccyx cassé, j’ai eu très mal au dos pendant plusieurs jours là où l’anesthésiste m’avait piqué. En plus, j’ai été endormie des fesses toute la matinée, ce qui est très pénible !

 

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7 réflexions sur “L’arrivée en trombe de Crapulette

  1. Bravo à toi!
    Tu as été fort courageuse!
    En fait on peut presque dire que tu as accouché sans anesthésiant parce que bon les jambes endormies ou rien c’est pareil non?! D’ailleurs pourquoi on t’as fait un rachis au lieu d’une péri? T’as eu une explication?
    Sinon bienvenue encore à ta puce!

    • Merci ! 🙂 Comme j’étais déjà à 7 cm en arrivant et que c’était un deuxième accouchement, ils ont estimé que ça irait trop vite pour faire une péridurale… Le pire, c’est que je viens de recevoir la facture de la maternité et que je dois payer 100 euros supplémentaires (non remboursés) pour l’intervention de l’anesthésiste parce que c’était la « nuit ». J’aurai mieux fait de ne pas demander d’anesthésie !

  2. Jamais entendu parler du rachis anesthésique et ça donne pas envie ^^ Moi ça me fait un peu flipper les accouchement rapides pourtant mon accouchement a été d’une lenteur infinie donc un petit coup de boost quand j’attendrais mon 2ème oui mais pas trop non plus. Trop peur de ne pas pouvoir avoir la péri bien que pour mon accouchement, je ne sentais plus rien à gauche…mais tout à droite, sympa aussi lol Bref bienvenue à Crapulette!

    PS: franchement c.. ce gynéco, ne pas venir parce que tu n’es pas sa patiente, j’hallucine!!!!! C’est ton job mec!

    • Oui, j’ai halluciné aussi pour le gynéco…
      Le problème de l’accouchement rapide c’est que la douleur augmente très très vite, mais je préfère, au moins c’est vite fini !
      Après, le rachis se passe très bien pour d’autres !
      Tout sentir d’un côté et pas de l’autre, pas génial non plus…

  3. Pingback: Episio vs. déchirure : le bilan | Maman 24h/24

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