Une soirée les pieds dans l’eau

bottes

On le voit souvent aux informations, ces gens qui sont inondés et qui témoignent : « l’eau est montée d’un seul coup, on n’a rien pu faire ». Ils ont des balais à la main, des bottes en caoutchouc aux pieds et constatent petit à petit, dépités, les dégâts dans leur maison. On compatit mais est-ce qu’on comprend vraiment ? Pas jusqu’à ce que ça nous arrive à notre tour…

Samedi soir, j’étais seule chez moi avec Coquillette puisque mon mari travaillait jusque 21h30. Il avait fait super chaud toute la journée, il faisait 30°C dans les chambres et j’attendais avec impatience les orages prévus dans la nuit et la chute des températures qui irait avec. En attendant, ma fille dormant à poings fermés, c’était l’occasion d’avancer un peu dans tout le repassage que j’avais en retard. Je m’installe donc dans la buanderie, au rez-de-chaussée. Chez nous, les pièces de vie se trouvent au premier étage, le rez-de-chaussée n’accueillant que la buanderie, le garage, le sas d’entrée et l’entrée en elle-même.

L’orage commence, de plus en plus fort, et je me dis qu’il vaut peut-être mieux de pas utiliser le fer à repasser en plein orage, comme la télé. La vérité, c’est que j’ai aussi envie d’aller regarder l’orage par la fenêtre du séjour pour avoir une belle vue. Je prends donc mon linge repassé et je monte. Là, je me rends compte que la pluie tombe vraiment très très fort et qu’en plus, le vent ramène tout vers l’intérieur de la maison alors que j’avais laissé des fenêtres ouvertes pour faire un courant d’air. J’ai carrément une mare dans la salle à manger… Je ferme et je commence à éponger quand j’entends un drôle de bruit en provenance des toilettes. GlbbGGlbbbGGGLLBBB

Je m’approche avec angoisse, j’ouvre la cuvette des toilettes et je me rends compte que l’eau est en train de remonter par là, accompagnée d’une odeur d’égouts écœurante. BlobBlobBLobBLObBLOB Aïe aïe aïe… Heureusement, ça n’a pas l’air de monter vite mais une idée me passe soudain par la tête : la buanderie. De temps en temps, genre une fois tous les deux ans, quand il y a un gros orage, il arrive qu’on ait un peu d’eau dans la buanderie, pas énormément mais j’ai quand même laissé ma bassine de linge à repasser posée par terre. Je descends l’escalier le plus vite que je peux (pour rappel, mon bidon de femme enceinte commence à devenir un peu encombrant !) et à nouveau, j’entends un drôle de bruit, cette fois en provenance du sas d’entrée. Sur le coup je ne comprends pas et je continue à descendre, quand je vois de l’eau sur le paillasson en bas de l’escalier. Je tourne donc mon regard vers le sas et l’extérieur et là, c’est la panique. Devant ma maison, il y a une pente, qui descend évidemment, sinon c’est pas drôle, et devant ma porte vitrée, il doit y avoir pas loin de 30 cm d’eau qui forme une sorte de lac devant chez moi. Et l’eau est en train d’entrer dans la maison en passant sous la porte. Le sas est déjà inondé, et l’eau franchit la deuxième porte et commence à envahir mon entrée. Je cours vers la buanderie qui se situe deux marches plus bas que l’entrée, elle est déjà remplie d’eau. (Vous vous souvenez que je viens de la quitter. Trois minutes plus tôt, je repassais encore)

J’attrape mon téléphone, j’appelle mon mari (il est 21h35 donc il devrait avoir quasiment fini). Pas de réponse sur son portable. J’essaye le numéro de son travail, je réussis à l’avoir mais il m’explique que là-bas aussi ils sont inondés et me dit d’appeler les pompiers. L’idée m’avait bien traversé l’esprit mais je ne savais pas du tout si je pouvais les appeler pour ça ou pas… J’appelle les pompiers. Une fois, deux fois, trois fois : leur réseau est saturé, pas moyen ne serait-ce que d’obtenir une tonalité.

Là, je comprends que je vais devoir me débrouiller toute seule et je me souviens que j’ai des bottes en caoutchouc dans le garage, qui deviennent absolument nécessaire puisque maintenant, mon paillasson flotte quasiment. J’ouvre la porte du garage pour me retrouver face à une rivière, je cherche du regard mes bottes qui sont de l’autre côté bien sûr, je traverse tout pieds nus, j’attrape les bottes et dans ma précipitation, j’en fais tomber une, couchée, dans la flotte. Ben tiens ! Comme ça c’est encore plus drôle.

Et voilà comment je me suis retrouvée à 22h, en bottes, en train de caser dans l’escalier tout ce qui pouvait être sauvé : paquets de croquettes pour chats de 15 kilos, bassine de linge à repasser bien lourde aussi (oui j’ai réussi à le sauver !!), aspirateur, une table basse… Bref, un bazar monstre… Quand mon homme est arrivé très peu de temps après (je ne l’ai jamais vu arriver à une telle vitesse devant la maison !), il n’y avait déjà plus de lac devant la maison, j’avais déjà pu ouvrir la grande porte du garage et je balançais toute l’eau dans l’égout devant la maison, armée d’un vieux balai. Voilà, c’était fini.

L’orage était fini, mais notre travail à nous ne faisait que commencer… Les voisins ont commencé à sortir de chez eux, tous ayant subi les mêmes dégâts. La solidarité s’est mise en place d’elle-même, très rapidement, tout le monde s’est entraidé. On en a eu jusque minuit et demi. Après quoi on a pu enfin manger et aller se coucher, épuisés. Deux jours de nettoyage et de lessive ont encore été nécessaires pour que le rez-de-chaussée retrouve son allure normale (en fin de compte il est même plus propre qu’avant je dirais !), d’où la baisse d’activité sur le blog, vous ne m’en voudrez pas. Et moi, il va me falloir quelques jours supplémentaires pour récupérer parce que depuis, les contractions et le mal de dos se sont intensifiés.

Ce qui nous est arrivé n’était pas agréable mais ce n’était finalement rien : nous ne vivons pas au rez-de-chaussée, nous n’avons pas de gros dégâts, que de petites choses facilement nettoyables. L’eau n’est pas montée tant que ça, comparé aux énormes crues qui balaient régulièrement certaines villes. Et pourtant, j’ai eu une sacrée peur, alors j’ose à peine imaginer ce que doivent ressentir les gens qui vivent des situations quasi-apocalyptiques, comme dans l’Ardèche ces derniers jours, ou en Bretagne cet hiver (et tant d’autres endroits encore). Aujourd’hui, j’ai une grosse pensée pour eux et je leur envoie tous mes encouragements…

PS : j’ai oublié d’en reparler mais en fin de compte, l’eau des toilettes n’a pas débordé. OUF !!

Publicités

2 réflexions sur “Une soirée les pieds dans l’eau

  1. Ah ça, la descente devant le garage j’ai connu aussi. Je me souviens, j’étais petite et il faisait nuit, il pleuvait des cordes et l’eau s’était infiltrée sous la porte du garage inondant tout le sous-sol. Je nous revoies, ma soeur, ma mère et moi (mon père était en déplacement comme de par hasard ^^) avec nos balais à repousser l’eau. Super!! Enfin en tout cas, tu as eu bien de courage avec ton gros bidon, prends soin de toi quand même 🙂

    Bisou!

Laissez-moi un petit mot !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s