L’accident de voiture du 4e mois

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Je pense que toutes les femmes enceintes connaissent des angoisses pendant leur grossesse (à lire ici le très vrai article de Paulichinel). Mais ma plus grosse frayeur a sans aucune doute été ce 26 octobre, date à laquelle un ****** de chauffard a percuté la voiture dans laquelle je me trouvais, enceinte de 3 mois et demi.

Normalement, je n’aurais même pas dû être dans cette voiture, mais des amis ont gentiment proposé de me déposer pour m’éviter le métro. On se retrouve donc sur l’autoroute, eux à l’avant, moi à l’arrière. Evidemment, on se retrouve dans les bouchons. L’ami qui conduisait la voiture s’arrête. Et là, BOUM !

Ceux qui n’ont jamais eu d’accident de voiture ne peuvent pas imaginer le bruit que ça fait et ce qu’on ressent à ce moment. Plus d’un an après, je peux encore revivre cet instant et tous ses détails. Un peu sonnée, j’ai commencé par porter la main à mon cou (bah oui, coup du lapin…), parce que c’était là que j’avais mal, sans autre réaction parce que je n’avais pas encore vraiment réalisé. Et puis la compréhension est arrivée, et je me suis souvenue que je n’étais pas seule dans ce corps et que si moi, j’avais été secouée, la petite crevette que j’abritais l’avait été encore plus. Une vague de panique et de terreur m’a envahie. Je me suis mise à pleurer dans plus pouvoir m’arrêter. A l’avant, mon amie était à peu près dans le même état, mais son compagnon a aussitôt eu le réflexe d’appeler la police et les pompiers, en insistant sur le fait qu’une femme enceinte avait été blessée. Il a ensuite déplacé la voiture sur la bande d’arrêt d’urgence, ainsi que les deux autres véhicules touchés (c’est une camionnette qui nous avait percutés, tellement fort qu’on était ensuite rentrés dans la voiture devant nous). Et là on a attendus, attendus, attendus.

Et attente = angoisse. J’avais arrêté de pleurer mais j’étais terrorisée. J’ai appelé mon père, chez qui je me rendais (pour son anniversaire : joyeux anniversiare, papa !), et je lui ai demandé d’appeler mon mari. Je ne voulais pas qu’il m’entende avec cette voix-là, il se serait trop inquiété. La police est arrivée avant les pompiers. Ils ont fait leur travail, demandé les papiers des conducteurs, etc…  Et puis un policier a ouvert ma portière et m’a demandé sur un ton un peu désinvolte s’il était vraiment nécessaire que les pompiers viennent. Je me suis sentie complètement désarçonnée. Oui, je voulais qu’ils viennent parce que j’étais inquiète, je voulais qu’on m’emmène aux urgences et qu’on vérifie si mon bébé allait bien, mais ce policier avait l’air de sous-entendre que ça n’en valait pas vraiment la peine. Heureusement que je n’étais pas seule et que les pompiers avaient de toute façon déjà été appelés ! Je ne vous le souhaite pas évidemment mais si un jour vous avez un accident en étant enceinte, n’hésitez pas une seconde si on vous pose cette question. N’ayez pas peur de déranger les pompiers pour rien, ce n’est pas le cas. Etre enceinte n’est peut-être pas une maladie mais vous abritez une vie de plus, il ne faut prendre aucun risque !

Les pompiers ont été géniaux. Je vous jure, je les ai vus arriver comme des héros. En plus de me prendre en charge sur le plan médical, ils ont aussi réussi l’exploit de me rassurer et de me faire sourire. Et puis mon mari a débarqué (il a arrêté sa voiture sur le bord de l’autoroute et il est rentré dans le camion des pompiers, livide) et ça m’a encore un peu plus rassurée.

C’était ma première balade en camion de pompiers, avec sirène et gyrophares, sympa mais j’aurais préféré que ce soit en d’autres circonstances !

J’ai ensuite passé la soirée aux urgences. A attendre. D’abord pour moi, ensuite pour ma crevette. Un infirmier m’a emmenée aux urgences gynéco et m’a déposée dans un couloir où je suis restée trois quarts d’heure sans voir personne, j’entendais seulement les femmes sur le point d’accoucher, et de temps en temps, une sage-femme ou une aide-soignante passait en courant. On est enfin venu me chercher, et on m’a fait l’écho tant attendue. Et là, j’ai entendu le coeur de ma fille (même si je ne savais pas encore que c’était une fille), pour la première fois (on ne me l’avait jamais fait écouter avant). J’ai aussi entendu les mots « tout va bien ». Et j’ai enfin pu souffler.

Une incroyable fatigue m’a ensuite envahie (grossesse+choc, ça fait pas bon ménage), et j’avais bien mal au cou et au dos, mais ce n’étais pas si grave parce que je savais que mon bébé allait bien. Le lendemain, couchée de force dans mon canapé, je l’ai senti bouger pour la toute première fois. Coïncidence ou pas, je ne sais pas, mais la peur, elle, était bel et bien partie.

Et vous, avez-vous vécu ce genre de choses ?

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4 réflexions sur “L’accident de voiture du 4e mois

  1. J’en ai eu des frissons rien qu’à te lire… Tu as eu beaucoup de chance, et j’imagine très bien l’état dans lequel tu devais être : Un accident est déjà choquant quand on est seul(e), mais alors quand on est enceinte, ça doit être terrible à vivre…

    Tu as bien fait d’insister et heureusement que tu étais bien entourée !

    Des bisous

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