Le congé parental : un choix de vie qui a un prix

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C’est un petit coup de gueule que je voudrais pousser aujourd’hui contre une phrase que j’ai entendue des dizaines de fois depuis que je suis maman en congé parental.

Pour que vous compreniez dans quelle situation je me trouve, je vous en réexplique les détails. J’ai un travail qui me plaît, mais qu’on pourrait qualifier de travail/passion : il prend une énorme place dans ma vie, en terme d’investissement et de temps, le jour comme la nuit. Je n’ai pas d’horaires, j’ai sans cesse des imprévus. Le téléphone sonne même quand je suis à la maison, en repos, en vacances. J’ai des collègues qui ont des jeunes enfants et qui ont continué. Je les ai entendues maintes fois parler de leur vie, et même si ça n’a pas l’air de les déranger plus que ça, je ne voulais absolument pas me retrouver dans leur situation. Pas pour moi, mais pour ma fille. Un bébé a besoin d’un rythme, de stabilité, de se coucher tous les soirs à peu près à la même heure après avoir pris son repas dans le calme. Un bébé a besoin de voir sa maman plus qu’une heure par jour et une journée complète par ci par là. C’est en tout cas ma vision des choses.

Coquillette a beau être mon premier enfant, j’ai donc décidé de prendre un congé parental d’un an (au moins pour commencer). Avec ce que ça implique, c’est-à-dire aucune aide financière supplémentaire au-delà de ses 6 mois (et ce n’est pas non plus mirobolant pendant les 6 premiers mois, hum).

Pour mon mari et moi, c’était pourtant une évidence, c’est un confort de vie que nous offrons à notre fille et dont nous bénéficions aussi bien sûr. Nous étions donc d’accord pour ce sacrifice financier.

Quand j’explique ça aux gens, proches, moins proches, on me répond systématiquement : « c’est bien si tu peux te le permettre ». Mais qu’est-ce que ça veut dire exactement, pouvoir se le permettre ? Nous ne sommes pas riches DU TOUT. En réalité, nous sommes même en dessous du seuil de pauvreté. Les gens ne le voient pas, parce que nous avons anticipé cette situation : notre désir d’enfant allait de paire avec ce désir que je sois présente à ses côtés et nous avons épargné, des mois durant. Nos salaires sont tout ce qu’il y a de plus modeste mais nous avons réduits nos frais qui pouvaient l’être, nous avons fait attention à nos dépenses en énergie, nous avons cessé d’acheter des choses qui n’étaient pas strictement nécessaires. Donc, oui, aujourd’hui, je peux me permettre d’être en congé parental tout en continuant à rembourser le prêt de notre maison, à payer nos factures et à acheter à manger, sans aides. Mais je ne m’achète plus de vêtements neufs depuis des mois (sauf carte cadeau reçue pour un anniversaire par exemple), nous n’allons plus au restaurant ou très rarement, nous achetons nos livres en braderie, nous n’avons pas de smartphone mais de vieux téléphones portables vieux de 3 ans déjà. Les seuls petits extras que nous nous autorisons sont pour notre fille : les bébés nageurs pour lesquels nous avions soigneusement gardé les chèques vacances, des vêtements, des jouets… Et nous vivons heureux ainsi, même si j’ai parfois un pincement au coeur en regardant un super pull dans une vitrine, ou de jolies bottes dans le magasin où je suis venue acheter des chaussons bien chauds pour l’hiver pour Coquillette.

Mais ce que nous faisons, tous les gens qui nous disent « c’est bien si vous pouvez vous le permettre », sous-entendant qu’eux ne peuvent pas parce qu’ils ne gagnent pas assez, pourraient le faire eux aussi s’ils le désiraient vraiment !

J’aimerais parfois leur ouvrir les yeux, leur dire : nous gagnions bien moins que vous même lorsque je travaillais encore ! Dans votre langage, nous ne pouvons PAS nous le permettre !

Et vous, le congé parental, vous en pensez quoi ? En avez-vous fait l’expérience ?

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8 réflexions sur “Le congé parental : un choix de vie qui a un prix

  1. Ha mais carrément quoi!!! Je suis en congé parental, et combien de fois ai-je entendu cela!!!
    j’en parlais à une amie récemment, et je disais pareil que toi : nous avons économisé des mois avant pour pouvoir nous le permettre, et on fait des choix..; Je suis 100% d’accord avec toi!
    ps : je ne savais pas du tout qu’il était possible de prolonger le congé parental au-delà de 6 mois pour un premier enfant! Merci pour l’info!

    • Bonsoir Faiza !
      Contente de voir que je ne suis pas la seule à voir les choses comme ça !
      Sinon, tu as le droit de prendre jusqu’à 3 ans de congé parental même pour un premier enfant ! Simplement, tu n’as pas d’aides au-delà des 6 mois de l’enfant.
      Bonne soirée !

  2. Je pense que les gens qui expriment ce genre de commentaire désobligeant et mal poli sont des personnes frustrées et bien souvent jalouses de ne finalement pas avoir fait de même pour leur(s) enfant(s)! Ces gens là ne seraient pas capables de « sacrifier » leur train de vie pour leur p’tit bout…et se disent donc « je ne peux pas me permettre de… » Enfin, c’est ce que je pense! Tu sais à l’époque de nos parents, il n’y avait aucune aide (aussi dérrisoire soit elle maintenant…) même lorsque tu avais plusieurs enfants et ma mère a carrément pris 2 ans de congés sans solde pour la naissance de mon p’tit frère, ils se sont serrés la ceinture, ont bien des fois été dans la merde financière, ça personne ne le voyait, ils n’ont rien demandé à personne…MAIS ils étaient HEUREUX et nous aussi d’avoir notre maman près de nous! Aucun n’a jamais regretté cette décision, même si une promotion est passée sous le nez de ma mère et ne lui a plus jamais été reproposée à son retour…Etre maman à plein temps c’est pas facile tous les jours, mais pour moi il n’y a rien au monde de plus gratifiant que de voir son enfant grandir et s’épanouir à ses côtés. Tu as fait un choix extraordinaire, laisse les gens parler, c’est souvent de la jalousie mal placée et de la méchanceté gratuite!

  3. Je rencontre les mêmes arguments quand j’en parle. Avec mon homme, on gagne 1600 net par mois, j’ai pas honte de le dire. J’ai un travail précaire et là non plus, je n’ai pas honte de le dire. Je travail dans l’animation et je gagne 400 euros net par mois avec des horaires olé olé qui m’empêche d’avoir un job en à côté. Quand j’aurais un bébé, j’arrêterais de travailler. Parce que pour moi, c’est important qu’un bébé reste près de sa mère mais aussi parce que je paierais plus en mode de garde que ce que me rapporte mon salaire. Alors, c’est vraiment risible non ? Payer plus que son salaire pour faire garder son bouchon alors qu’on pourrait être avec lui à la maison à le regarder grandir et s’épanouir. Les gens ne comprennent pas. Même ma mère ne comprend pas. Pour elle, rester à la maison, c’est un luxe pour les gens qui ont des pépettes. Pour nous, c’est un choix de vie et un choix financier. Mais te gène surtout pas pour remettre les pendules à l’heure, ça soulage … 😉

  4. Merci pour vos commentaires et vos témoignages ! Je suis heureuse que mon article ait pu susciter des réactions aussi positive vis à vis du congé parental et je ne m’en sens que plus confiante en mon choix ! Bravo à vous pour vos propres choix de vie ! Cela dit, je ne souhaite absolument pas pour autant critiquer les mères qui ont continué à travailler, ce n’est pas le but de mon article, je tiens à le préciser. Elles aussi font preuve d’un grand courage en devenant des mamans multitaches. A chacune de faire selon son envie, tant qu’on respecte les choix des autres !
    Bonne soirée !

  5. Bonjour,

    Billet très intéressant, d’autant plus qu’il est en lien direct avec mes préoccupations du moment.

    J’envisage très sérieusement d’opter pour un congé parental de 6 mois pour rester auprès de ma fille. La petite est encore en gestation, mais c’est une chose qui se prépare disons… 🙂

    J’ai déjà eu droit, à l’avance, à « C’est bien si vous pouvez vous le permettre »… Comme vous, mon compagnon allons pouvoir nous le permettre parce que nous nous sommes toujours serrés la ceinture et que nous allons continuer à vivre très simplement.

    La question que je me pose, au delà des conséquences professionnelles (déclassement, perte d’estime du « patron », critiques des collègues…) est : pourrais-je offrir « ce luxe » (rester à la maison pour l’accompagner les premiers mois) à mon second enfant ? Je veux dire, un salaire fixe + une allocation de 500€ : disons que c’est gérable avec un petit. Mais deux ?

    Belle continuation 🙂
    Pénélope

    • Bonjour Hellopenelops !
      Merci pour votre commentaire ! C’est vrai que c’est une question que je me suis posée aussi mais honnêtement, je pense qu’il y a moyen de prendre un nouveau congé parental pour un 2e enfant. Pour le 2e, on a déjà tout le matériel qu’il faut et de toute façon, même pour le premier, vous verrez qu’on reçoit beaucoup d’aides parfois inattendues de la famille : les beaux-parents qui offrent la chambre, une tonne de vêtements qui vient du fils de la nièce du grand-oncle (j’exagère à peine) etc… Si vous faites le choix d’allaiter, seules les couches sont à ajouter au budget familial pendant les premiers mois, ou presque. Et selon le temps que vous laissez entre le premier et le deuxième enfant, vous pouvez à nouveau épargner dès que vous récupérez un salaire à l’issue du congé parental.
      Bonne continuation à vous !

  6. Pingback: Mamans au foyer, soyez fières de vous ! | Maman 24h/24

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