Ce que je retiens de l’allaitement

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J’ai adoré allaité. Vraiment beaucoup. Et j’en ai profité à fond pendant six mois complets.

Bien avant d’accoucher, et même avant d’être enceinte si je ne me trompe, j’étais convaincue des bienfaits de l’allaitement pour lé bébé et pour la mère. Il y a quantité d’articles sur ce sujet que ce soit sur les blogs, dans des magazines, etc… C’est pourquoi je ne veux pas parler des bienfaits de l’allaitement. Vous les connaissez sûrement déjà tous et ça ne servirait à rien d’y revenir.

Alors pourquoi cet article ? Parce qu’autour de moi, beaucoup de femmes enceintes ou ayant accouché récemment font le choix de ne pas allaiter (attention je ne juge absolument pas, je pense que l’allaitement ne vaut pas le coup si on n’en a pas réellement envie). Et quand je leur demande pourquoi, elles me donnent souvent une réponse qui, quelle qu’elle soit, m’étonne, parce que je n’ai pas constaté ça dans mon expérience, et qui traduisent le plus souvent une peur ou une gêne. Je me dis que peut-être, à force de rabacher les bienfaits de l’allaitement au sein, on en oublie le sentiment des femmes qui ne ressentent plus que la pression qu’on leur met pour qu’elles acceptent de donner le sein.

Voici donc quelques peurs qu’on m’a citées et sur lesquelles je souhaiterais revenir.

La fatigue

On nous répète souvent qu’allaiter est fatigant et j’ai même lu qu’une journée d’allaitement équivalait en calories dépensées à la moitié d’un match de foot. Pendant les six mois durant lesquels j’ai allaité Coquillette, régulièrement ma propre grand-mère s’inquiétait : « tu dois être fatiguée ! »

Oui. Mais en réalité, ce n’est pas allaiter qui est fatigant, c’est avoir un bébé. Alors oui, quand on allaite, on ne peut pas passer le relais pour nourrir son bébé, on est obligée de se lever à chaque fois la nuit. Mais très franchement, ce n’était pas le plus désagréable : je lisais, j’allais sur Internet, parfois même je m’endormais (Coquillette pouvait téter pendant très, très longtemps). Le plus fatigant, c’est de changer les couches, de faire les lessives, le repassage, la cuisine, le ménage et pour ça, justement on peut vous aider, à commencer par le papa. En fait, je pense que j’aurais été bien plus fatiguée si j’avais dû me lever la nuit pour préparer un biberon, le faire chauffer, le laver, le stériliser, etc…

Le bébé ne fait pas ses nuits

Alors là, sauf exception, je dirais qu’aucun bébé ne fait ses nuits lors des premières semaines. Et si vous avez lu mon précédent article sur le sommeil, vous saurez que ma fille allaitée dormait dix à onze heures d’affilée par nuit à 6 semaines, toutes les nuits, alors que certains bébés nourris au biberon ne font leurs nuits que bien plus tard. Pour moi, tout dépend du bébé, pas de son mode d’alimentation.

J’ai de trop petits seins/tétons

Je mets du 85B et une fois, dans une boutique de lingerie, une vendeuse m’a dit que je devrais porter du 80A (je ne suis plus jamais retournée dans cette boutique…). Mes tétons sont eux aussi ridiculement petits. Mais le corps change avec la montée de lait, et vous n’imaginez même pas à quel point. Je ne croyais pas que ça puisse m’arriver à moi, malgré ce que m’avait expliqué une amie puéricultrice. Et ben si, j’ai pris deux tailles de poitrine en une nuit. Dans mon salon, j’ai encadré une photo de la Coquillette et moi ce jour-là, vous n’imaginez même pas comme je suis fière de ma poitrine sur cette photo… Et Coquillette a trouvé où mettre la bouche sans aucun souci.

C’est douloureux

Là je ne vous contredirai pas. La première tétée n’est pas douloureuse, mais dès le deuxième jour, j’ai commencé à avoir mal aux mamelons. J’ai saigné, un petit peu, et ça n’a pas duré très longtemps. Mais j’ai eu mal pendant deux semaines environ. Les premières nuits ont été les pires, à la maternité, quand Coquillette voulait téter tout le temps (avant la montée de lait). J’appréhendais à chaque fois que je voyais sa petite bouche s’approcher de mon sein, mais ça fait bien moins mal que d’accoucher, alors je pouvais le supporter. Et puis il y a la crème, la fameuse lanoline que l’on peut s’appliquer généreusement et qu’on n’est pas obligé d’enlever avant d’allaiter. Il n’y a pas que ça qui fait mal. On sent les montées de lait, c’est bref, mais ça surprend et il n’y a pas grand monde qui nous prévient. Et puis prendre deux tailles de poitrine en une nuit, ce n’est pas sans contrepartie… Prendre ma douche était un calvaire parce que je devais retirer mon soutien-gorge d’allaitement et j’avais l’impression d’avoir deux boules de bowling sous la peau des seins. Mais ça ne dure pas non plus. Après deux semaines environ, on ne sent plus de douleurs du tout.

On ne peut pas allaiter partout

En fait si. Ou pratiquement. On peut le faire très discrètement : il y a des vêtements d’allaitement qui sont très bien faits pour allaiter en toute discrétion, mais on peut aussi simplement mettre une chemise, ou un T-shirt suffisament décolleté pour qu’il se glisse sous le sein, et s’enrouler dans un foulard ou un châle quand le bébé est en place. Parfois les gens vous regardent bizarrement (mais ce n’est pas vous le problème, c’est eux), mais la plupart du temps on ne vous accorde même pas un regard. J’ai allaité dans un parc, sur des aires d’autoroute, au bord de la mer (magique). Et n’oubliez pas qu’il est possible de tirer son lait à l’avance si cela vous gêne d’allaiter en public.

Bien sûr il y a des inconvénients, des choses pas très agréables. En vrac : devoir porter un soutien-gorge la nuit, se réveiller trempée parce que son bébé fait ses premières nuits complètes et que nos seins n’ont pas encore pris l’habitude, devoir s’exiler d’un repas avec des amis le temps de nourrir son bébé (quoique rien ne vous empêche de faire ça à table, tout est une question de choix personnel)…

Mais à côté de ça, il y a tellement de trucs trop bien (sans parler des bienfaits, encore une fois). D’abord, c’est tellement pratique d’avoir le lait toujours prêt, à bonne température, en quantité adaptée, n’importe où, sans avoir besoin d’emmener quoi que ce soit comme matériel. Et puis c’est agréable : avoir son bébé tout contre soi, sentir ses toutes petites mains qui vous massent (un peu hard avec les mains froides, je vous l’accorde), le voir s’endormir en tétant et se mettre à sourire aux anges, là, tout contre vous. Enfin, ça vous donne une super occasion pour vous asseoir dans votre canapé, ou dans votre lit sous la couette si ça vous chante, pour vous reposer, pour lire. Je voyais les tétées comme les moments de pause dans la journée ! C’est encore mieux si pendant ce temps là, le papa prépare à manger et vous apporte votre assiette. Car comme me l’a dit une pédiatre : « les clefs d’un allaitement réussi, c’est l’accompagnement de l’entourage »

Juste pour vivre ces moments magiques, et sans prendre en compte les bienfaits pour le bébé encore une fois et pour votre organisme encore une fois, je ne peux que vous encourager à essayer au moins quelques jours ! Et ne vous arrêtez pas juste avant la montée de lait, ça arrive souvent mais c’est trop dommage ! Car vous n’aurez connu que le pire sans avoir le droit d’être récompensée pour vos efforts.

Bien sûr pour certaines femmes ça ne marche pas comme elles le voudraient. Ce n’est pas grave, il y a des tas d’autres moments magiques à vivre avec son bébé. Au bout d’un moment (3 semaines, 6 semaines, 3 mois, 6 mois environ), il y a aussi des pics de croissance qui rendent les choses un peu plus compliquées, il faut quelques jours pour que votre production de lait s’adapte, pendant lesquels je vous conseille de ne plus vous consacrer qu’à votre bébé et à votre repos, dans la mesure du possible. Mais ce n’est pas toujours possible. Moi-même, j’ai arrêté à 6 mois, je n’avais plus assez de lait et je ne comptais pas continuer beaucoup plus longtemps de toute façon, je ne me suis donc pas acharnée et je suis passée au lait artificiel peu à peu. C’était le bon moment pour le sevrage, je crois. Je garderai un excellent souvenir de ces six mois en tout cas, avec le recul je me souviens à peine des moments difficiles, et je recommencerai sans aucun doute si j’ai un autre bébé un jour.

Si vous avez d’autres questions concernant l’allaitement, d’autres peurs, que vous soyez future ou jeune maman, n’hésitez surtout pas à m’en faire part dans vos commentaires. J’y répondrai avec plaisir ! Bonne journée !

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7 réflexions sur “Ce que je retiens de l’allaitement

  1. Bonsoir
    Concernant la gène, je pense que c’est surtout du au regard extérieur qui pousse les femmes à ne pas allaiter leurs enfants en dehors de la maison. On les regarde souvent d’un mauvais oeil ou alors (et malheureusement, j’ai déjà vu cela et je trouve ça honteux) on leur demande d’arrêter ou de partir alors qu’elles sont dans leurs droit.
    Bisous

    • Bonsoir Wolfe !
      Tu as raison, et c’est bien malheureux que certaines personnes soient à ce point intolérantes envers les mères allaitantes. En ce qui concerne mon expérience cependant, je n’ai eu affaire qu’à des regards curieux ou surpris tout au plus. Je pense qu’il n’y a qu’une minorité de personnes qui portent un regard malveillant sur les mères qui allaitent en public.
      Merci pour tes commentaires réguliers sur mes articles que j’ai beaucoup de plaisir à lire !
      Bonne soirée !

  2. Bonsoir,

    J’ai également allaité mes deux enfants, je ne le regrette pas, même si le 1er allaitement a été un peu plus difficile.
    Pour mon fils, le petit dernier, j’ai allaité pendant 7 mois et demi ; le sevrage s’est mieux passé pour mon fils que pour moi 😉

    Ces moments d’échange avec nos enfants sont uniques.
    Allaiter ne fatigue pas_ comme tu le dis_ c’est avoir un bébé tout simplement, car notre enfant a besoin de toute notre attention et de notre présence.
    Je trouve même que j’étais plus zen pendant l’allaitement, je m’endormais comme une masse lol

    A côté de cela, il y’a les tâches ménagères, la cuisine à gérer, c’est l’ensemble qui fait qu’on ressent légitimement de la fatigue.
    J’ai eu de la chance, car le papa s’est beaucoup impliqué.
    Son aide a été précieuse :3

    • Bonjour Ombellina !
      Comme toi, le sevrage s’est mieux passé pour ma fille que pour moi. A vrai dire, ça me manque d’allaiter, et mes seins sont redevenus ridiculement petits ! Pour ma fille, ça a été tout seul alors qu’avant elle ne voulait jamais de biberon !
      Bonne journée !

  3. En ce qui me concerne, j’ai terminé mon allaitement en 2011, donc cela date.
    J’en garde globalement de très bons souvenirs !

    J’oubliais de donner mon avis sur l’allaitement en public.
    Je n’étais pas gênée pour nourrir mon fils à l’extérieur, mais je le faisais de manière discrète.

    En fait, même si beaucoup acceptent et comprennent qu’allaiter est naturel, il en reste qui sont gênés et très mal à l’aise, en voyant une femme donner le sein.
    J’ai un exemple précis en tête, du vécu, la gêne de ces personnes a fait que sur l’instant, j’étais devenue moi-même embarrassée.

    Bonne soirée et à bientôt !

  4. Pingback: Le cas du soutien-gorge d’allaitement | Maman 24h/24

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