Ces questions existentielles qui nous hantent les premières semaines #1

Je ne remets pas en cause l’existence de l’instinct maternel, bien au contraire, mais ce n’est pas lui qui nous aide dans les tâches quotidiennes qui rythment la vie d’une maman. Quand ma fille est née, je n’avais jamais changé une seule couche de toute ma vie et des tas de questions sont venues se bousculer, particulièrement au retour de la maternité. J’avais l’impression de mal le faire, tout simplement, et je me compliquais affreusement la vie.

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Devais-je changer sa couche avant ou après la tétée ? Ou les deux comme je le lisais parfois ?

Devais-je la changer même cinq minutes après la première fois si elle venait de refaire caca ?

Combien de fois par jour fallait-il la changer ?

Devais-je la changer en pleine nuit au risque de la réveiller encore plus ?

Mon Dieu, je vois quelques rougeurs sur ses fesses ! Que faire ?? C’est grave ? Vite vite ! Faut aller chercher le Bepanthen que nous a conseillé la pédiatre à la pharmacie !

Voilà à peu près ce qui se passait dans ma tête pendant les premières semaines. Ces couches étaient devenues une véritable obsession et je ne cessais de répéter à mon mari en me lamentant : « tu vois, je ne suis pas une bonne mère, je ne sais même pas changer une couche ! » (le baby-blues aidait peut-être un peu aussi, oui)

Quand j’y repense maintenant, je me marre bien. Comment ai-je pu faire une montagne d’aussi peu ? Comme je l’avais lu à l’époque, il suffit de s’adapter au bébé, mais cette réponse ne me satisfaisait pas, j’avais besoin de concret. Je vous livre mes propres réponses que j’ai élaborées au fil du temps, au cas où elles pourraient servir à de jeunes mamans aussi angoissées par les couches que je l’ai été ! Mais en réalité, comme j’ai fini par le réaliser, il n’existe pas vraiment de mauvaises réponses à ces questions. Les habitudes que vous prenez doivent simplement vous correspondre à votre bébé et vous. Donc, NO STRESS !

Devais-je changer sa couche avant ou après la tétée ? Ou les deux comme je le lisais parfois ?

A la maternité on m’avait dit de le faire avant, mais je me suis rendue compte que Coquillette remplissait souvent sa couche pendant la tétée. Cependant, elle régurgitait beaucoup et le fait de la changer après qu’elle ait mangé la faisait vomir encore plus. J’ai donc continue à la changer avant de manger, ce que je fais toujours aujourd’hui.

Devais-je la changer même cinq minutes après la première fois si elle venait de refaire caca ? 

Et bien, si le bébé n’est pas gêné par le fait d’avoir la couche pleine, s’il n’a pas tendance à avoir les fesses irritées, et si vous n’êtes pas trop incommodés par l’odeur, rien ne vous y oblige. Bon évidemment, c’est un peu le loto, si c’était vraiment un gros caca et que vous ne changez pas votre bébé, vous êtes bons pour changer le body avec !

Combien de fois par jour fallait-il la changer ? 

Il n’y a pas de bon chiffre. Je peux quand même vous dire sans me tromper que deux, c’est pas assez, et que quinze, ça me semble un peu trop. Je changeais Coquillette 7 à 8 fois par jour en général au début, aujourd’hui je ne la change que quatre fois par jour (sauf caca à l’odeur insupportable) et elle s’en porte très bien ! Je pense en revanche qu’il faudra que je la change plus souvent quand elle grandira et qu’elle commencera à être gênée d’avoir la couche pleine.

Devais-je la changer en pleine nuit au risque de la réveiller encore plus ?

Je l’ai fait au début, mais j’ai très vite arrêté pour la réveiller le moins possible. Si je commençais à la déshabiller, elle pleurait et se rendormait beaucoup moins facilement après. Ne plus la changer en pleine nuit l’a, je pense, aidée à faire plus vite ses nuits. Et en plus, c’était un plus grand confort pour moi. Evidemment, si fuite il y avait eu, je la changeais quand même !

Mon Dieu, je vois quelques rougeurs sur ses fesses ! Que faire ?? C’est grave ? Vite vite ! Faut aller chercher le Bepanthen que nous a conseillé la pédiatre à la pharmacie !

Là je n’ai qu’un mot à dire : LINIMENT. Une bouteille ne coûte pas bien cher, dure plusieurs mois et c’est juste super efficace ! Il y a plusieurs façons de l’utiliser, ou peut-être que je ne l’utilise pas de la manière conventionnelle mais peu importe, ça marche comme ça : je me contente de lui étaler en couche épaisse, comme de la crème, avec mes doigts (propres) après l’avoir nettoyée avec un gant de toilette et de l’eau tiède. Je fais ça à chaque change, et le soir, après son bain, je mets du Bepanthen à la place. Ses fesses sont toute douces et pas rouges du tout. Et même si parfois, quelques rougeurs apparaissent, ça ne dure jamais plus de quelques heures.

Bien sûr, ces questions existentielles n’ont pas concerné que les couches… Et vous, vous avez aussi eu ce genre d’interrogations au début ?

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Quand deux syllabes résonnent comme le plus beau son du monde

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J’avais déjà connu ça avec ses premiers « arrheu » qui m’avaient mis les larmes aux yeux (oui, vraiment, et pourtant ça ne m’arrive pas souvent). Et là, c’est officiel, depuis quelques jours, ma fille dit « maman » !

Depuis quelques temps déjà, elle disait des ma, des bwa, des ta, des gnagnagna. Plus récemment, elle a commencé à se concentrer sur ce qu’elle disait. Disons en tout cas que c’est comme ça que je l’interprète : elle répète une syllabe en chuchotant et d’un seul coup pof ! elle la dit à voix haute.

Et puis un jour, « maman » est sorti. J’ai d’abord cru à une hallucination, mais elle a recommencé, et de plus en plus souvent. Elle en est aujourd’hui à plusieurs fois par jour… pour mon plus grand bonheur ! Je vous jure, j’en deviens presque hystérique quand je l’entends, mon coeur fait des petits sauts de cabri dans ma poitrine et ma pauvre Coquillette se retrouve ensevelie sous une avalanche de bisous !

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Maintenant, on attend le « papa » avec impatience, mais je pense que ça ne tardera pas, elle s’entraîne dur !

J’avais prévu de vous parler de couches pour aujourd’hui mais je me suis dit que cette information ne pouvait pas attendre, j’ai donc programmé à la place cette édition spéciale ! J’espère que vous ne m’en voulez pas ?

Bonne journée !

Le périnée : ce muscle oublié

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Globalement, le périnée, on n’en entend jamais parler avant les cours de préparation à l’accouchement. Pourtant, c’est un muscle super important. Et oui, car sans lui, pas moyen de se retenir de faire pipi ! Vous serez d’accord avec moi sur on rôle essentiel, hein ! Et ben malgré tout, on le néglige, et pire que ça, on le maltraite. Et pas seulement pendant la grossesse, mais pendant toute notre vie.

On porte quelque chose de lourd ? C’est le périnée qui prend.

On chouchoute nos autres muscles en faisant des séances d’abdos-fessiers ou du sport intensif ? C’est le périnée qui prend.

On se force à faire pipi avant un long voyage pour éviter de s’arrêter une heure après ? C’est le périnée qui prend.

Evidemment, la grossesse, l’accouchement, l’épisiotomie… Là je ne vous raconte même pas les dégâts…

Mais il y a des moyens pour l’entretenir et le maintenir en forme, à mettre en oeuvre dès l’enfance. Je ne suis pas spécialiste, et tout ce que je vous rapporte, je le dois à ma sage-femme. Si je vous en fais part, c’est parce que si vous n’êtes pas enceinte, ou si vous n’en êtes qu’au début de votre grossesse, on ne vous a probablement jamais dit tout cela, alors que c’est tellement important à savoir indépendamment de la grossesse.

D’abord, si vous êtes parent d’une petite fille, ne la forcez surtout pas à aller faire pipi si elle n’en a pas envie. Que ce soit avant un voyage ou avant d’aller se coucher, il vaut mieux respecter son envie, sans quoi elle risque de forcer sur son périnée et de l’âbimer de façon précoce.

Ensuite, on vous a peut-être parlé d’une technique qui s’appelle le stop-pipi. Personnellement, tout comme c’est arrivé à certaines de mes amies, ma mère me l’a expliquée en pensant bien faire, parce qu’on lui a conseillé de le faire quand elle était enceinte. Cela consiste à contracter son périnée pendant qu’on urine, et donc à stopper la miction, afin de le muscler. Là, le risque n’est pas pour le périnée mais pour votre vessie. En effet, en faisant cela, vous risquez de ne plus réussir à bien la vider et vous risquez alors de développer des infections urinaires. Pas cool du tout.

Si vous voulez muscler votre périnée, que vous soyez enceinte ou non d’ailleurs, ce n’est pas compliqué. Quand vous vous couchez le soir par exemple, il faut faire des séries d’exercices : vous contractez votre périnée comme si vous vous reteniez de faire pipi pendant 5 secondes, puis vous le relâchez pendant 10 secondes, et vous faites cet enchaînement cinq fois de suite. C’est très rapide, très discret, il suffit d’y penser. Et même si vous ne le faites pas tous les jours, ce n’est pas grave, c’est toujours ça ! (Je suis la première à systématiquement oublier de le faire, hum…) Evidemment, c’est pendant la grossesse que vous devez être la plus assidue.

Il faut éviter de faire certains sports en salle de façon intensive. Ma sage-femme m’a expliqué qu’elle suivait une patiente qui n’avait pas été enceinte mais qui faisait plusieurs fois par semaine de la zumba, des abdos-fessiers, etc… Elle ne veut pas ralentir la cadence et résultat : elle a des fuites urinaires et ne parvient pas à rééduquer son périnée. Il existe d’autres moyens de se muscler, qui ne risquent pas d’endommager votre corps. Je pourrai bientôt vous en parler, dès que j’aurai commencé mes cours de rééducation abdominale prescrits par ma gynéco.

Quand vous portez quelque chose de lourd, pensez à contracter votre périnée avant de le faire, sinon, c’est lui qui trinque. C’est une habitude à prendre et une fois que c’est fait, vous verrez que vous n’y penserez même plus.

Quand vous allez faire pipi et que vous êtes pressée, ne poussez pas pour autant sur votre périnée pour aller plus vite.

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Enfin, parce que beaucoup de mes amies me l’ont demandé, un peu gênées et pourtant il n’y a pas de quoi, voici comment se déroule une séance de rééducation du périnée après la grossesse (ça ne se passe peut-être pas toujours de cette façon ceci dit) : à la première séance, votre sage-femme va examiner votre périnée pour constater l’étendue des dégâts, et vous poser des questions (du genre est-ce que vous avez envie de faire pipi quand vous mettez les mains dans l’eau ? est-ce que vous avez des fuites urinaires à l’effort ? etc…). Puis elle vous fera une ordonnance pour une sonde périnéale (en photo, oui je sais, ça ressemble à un vibro…). Dépêchez-vous d’aller la chercher parce qu’il faut souvent la commander et le délai d’attente peut parfois être long (une semaine). Cette sonde est à vous, ce n’est pas en location. Comme ça, après, vous pourrez la garder en souvenir ! (trop cool)

Ensuite, les séances se passent toujours comme ça : allongée sur la table, la sonde dans le vagin, reliée à un appareil que la sage-femme possède, vous allez commencer à faire des séries de contractions du périnée comme je vous l’ai expliqué plus haut, mais en général plus de cinq fois. L’appareil relié à la sonde permet d’enregistrer la force de vos contractions, la rapidité avec laquelle vous contractez, puis avec laquelle vous relâchez le périnée, et de vérifier si le relâchement est lui aussi correct. Au fur et à mesure des séances et de vos progrès, la sage-femme augmentera la résistance de l’apareil. A force, c’est comme un jeu, un concours où on essaye de faire le meilleur score possible !

Après cette première étape, vous gardez la sonde dans le vagin mais elle est cette fois reliée à un autre appareil. Là vous n’aurez plus rien à faire, c’est la sonde qui vous envoie des sortes d’impulsions, pendant un certain temps. Si ça vous fait mal ou si c’est désagréable, dites-le à la sage-femme qui va pouvoir régler la force de ces impulsions. Vous devez les sentir, mais pas trop. Enfin, pour finir la séance, vous reprenez les mêmes exercices qu’au début, et soit vous constatez déjà une amélioration, soit c’est le contraire parce que votre périnée est K.O.

Ma gynéco m’avait prescrit 10 séances pour commencer et m’avait dit que vingt seraient peut-être nécessaires. Mais finalement, 10 ont suffi.

 

Sachez que vous pouvez demander à avoir des séances de rééducation du périnée n’importe quand, que vous ayez été enceinte ou non, si vous avez des fuites urinaires, même petites.

J’espère que cet article (pas très glamour, j’en conviens) vous aura été utile, à vous et à votre périnée ! Bonne journée !

Personnel médical : pour le meilleur et pour le pire

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Quand on découvre sa grossesse, c’est le début d’un long parcours hyper médicalisé pendant lequel nous croisons des dizaines d’infirmières, sages-femmes, médecins, radiologues, aide-soignantes, etc… Et si la plupart sont très compétents tant sur le plan professionnel qu’humain, ce n’est pas le cas de tous, et c’est l’objet de mon article aujourd’hui.

J’ai toujours eu du mal à trouver un gynécologue qui me convenait, j’ai essayé les hommes, les femmes, mais en général je ne retournais jamais voir deux fois le même. Celui que je suis allée voir quand je n’arrivais pas à tomber enceinte m’avais porté chance et m’avait plu la première fois, je retournais donc le voir quand j’appris que ça y est, une petite crevette poussait dans mon ventre. Mon mari, qui ne voulait rien rater, vint avec moi évidemment. Nous sommes partis de là en nous disant que nous ne reviendrions plus jamais. Hyper désagréable, froid et nous donnant des instructions stupides (si je me permets de le dire alors que je n’y connais rien en médecine, c’est que c’est ma gynéco d’après qui me l’a dit). Un récent passage aux urgences pour de légers saignements m’avait appris que mon col était fragile et pouvait saigner de temps en temps pendant la grossesse, sans que cela soit embêtant. Apprenant cela, le gynéco me dit direct : « plus de rapports sexuels ». Ah, bon, soit… Voyant les résultats de ma prise de sang, il affirma : « plus de sucre, il y a un risque de diabète gestationnel ». Là encore, abérant, s’il avait vraiment eu un doute, il aurait de toute façon dû me prescrire des analyses complémentaires, et en plus mon taux était très correct (dixit une spécialiste du diabète qu’une de mes amies connaissait). Et à la fin du rendez-vous, je demande la déclaration de grossesse parce qu’on me la réclamait au boulot : « non, je ne vous la donne pas maintenant, parce que s’il y a interruption de grossesse et que vous l’envoyez quand même, vous percevrez les aides et ce n’est pas normal ». Euh… mais vous nous prenez pour qui là ?? Je suis sortie de là complètement démoralisée (j’en ai même pleuré une fois seule)

J’ai eu aussi droit au radiologue super froid, qui me gâche le plaisir de l’échographie, en répondant vaguement à mes questions, en ne me montrant absolument pas ce qu’il faisait. Et au radiologue tête en l’air, qui vient me chercher après l’échographie dans la salle d’attente, quand je suis bien rhabillée avec mon manteau et tout, pour me dire qu’il faut recommencer parce qu’il a oublié de regarder quelque chose. Bon là c’était pas embêtant, j’ai pu voir ma crevette une deuxième fois ! Mais c’était drôle parce qu’il a fait le même coup à la fille qui est passée après moi. Mal réveillé ce matin ?

Pour la rencontre du 4e mois, j’ai vu une sage-femme qui m’a demandé si j’avais des chats. Comme je lui ai répondu que oui, j’en avais même trois, elle a fait la grimace et m’a conseillé de ne même plus les caresser (alors qu’elle m’avait dit juste avant que bon, si je mangeais un peu de foie gras de temps en temps, c’était pas grave). Je n’en ai pas tenu compte, j’ai continué à caresser mes chats (et à dormir avec eux) et je n’ai pas mangé de foie gras pour autant.

Et enfin, quand je suis arrivée à la maternité le jour de mon accouchement et que j’ai annoncé que je ne voulais pas de péridurale, une aide-soignante s’est mise à rigoler comme si j’étais complètement folle et m’a dit : « vous ne direz plus ça tout à l’heure ». Effectivement, j’ai changé d’avis, mais peut-être qu’avec un peu de soutien et de conseils j’aurais réussi à faire sans.

Je vous garde d’autres anecdotes de mon séjour à la maternité pour un autre article, et je consacrerai tout un sujet à l’ancienne pédiatre de Coquillette, elle le vaut bien, mais je vais quand même vous parler de ceux qui m’ont aidé à traverser ma grossesse et en ont fait une période agréable.

Il y a d’abord eu la gynéco que je suis allée voir après le premier hurluberlu. Juste géniale, hyper humaine pour le coup, rigolote, très compétente et par dessus le marché, délicate quand elle m’examinait. Une perle rare, quoi. En plus, j’ai eu de la chance, c’était elle qui était de garde quand j’ai accouché. Voilà une chose qui vous rassure.

Il y a eu la sage-femme qui animait les cours de préparation à l’accouchement. Très gentille et très douce, c’est elle qui m’a appris à pousser mais aussi à me relaxer. C’était aussi elle le jour de mon accouchement, et oui, j’ai vraiment de la chance ! C’est également elle que j’ai choisie pour rééduquer mon périnée qui va très bien aujourd’hui, merci.

Il y a eu le personnel des urgences quand je n’étais enceinte que de 4 semaines et que je me suis mise à saigner, qui a été très rassurant, très rapide à me prendre en charge, très compréhensif, et qui m’a fait toute une batterie d’examens qui ont tous donné de très bons résultats.

Il y a eu cette radiologue très joyeuse et très douce qui m’a annoncé que mon bébé était une fille, qui m’a montré ses narines et ses lèvres et qui m’a dit : « oh regardez, elle a ouvert la bouche ! » Sûrement la chose la plus adorable que j’avais vue de toute ma vie.

Les visages de tous ces gens resteront gravés dans ma mémoire, ils m’ont fait vivre des moments inoubliables et je leur en serai reconnaissante éternellement.

Je termine par un conseil, évident mais bon, je le dis quand même : si vous êtes enceinte et que votre gynéco, votre sage-femme ou votre radiologue ne vous convient pas : changez !! C’est un moment où vous avez besoin de vous sentir soutenue, pas rabaissée plus bas que terre.

Et vous, qu’avez-vous retenu de vos rencontres avec le corps médical, le meilleur comme le pire ? Racontez-moi !

MAP : trois lettres pour une menace d’accouchement prématuré

Ces trois lettres font froid dans le dos. C’est ce que j’ai ressenti quand je suis sortie de chez ma gynéco en janvier dernier avec mon avis d’arrêt de travail sur lequel était inscrit MAP. Avec des instructions aussi : « vous vous reposez, et quand je dis vous vous reposez, je veux dire vous restez au lit ». Si on me disait ça aujourd’hui, je ne me le ferais pas répéter deux fois, mais à 6 mois de grossesse, ces mots m’ont inquiétée et m’ont stressée, car j’avais l’impression d’avoir des tonnes de choses à faire pour préparer l’arrivée de Coquillette et que je ne pourrai pas les faire.

Ceci dit, j’étais quand même contente de pouvoir me reposer et d’arrêter de faire mes 100km quotidiens pour le boulot, surtout avec la neige qui tombait. Et puis ces contractions de plus en plus fortes le soir, je les sentais, et je savais qu’il était temps que mon rythme de vie change. Les consignes de la gynéco, je les ai suivies à fond pendant les premiers jours surtout, voire les premières semaines.

Plutôt que de m’installer dans le lit, j’ai déplié mon canapé (parce que bon, toute la journée dans la chambre, voilà quoi…), et je me suis installé un vrai petit quartier général.

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Si ça peut donner des idées à certaines, voilà ce qu’on pouvait y trouver, dispersé entre le canapé et la table basse placée juste à côté :

– à boire et à manger (comprendre de l’eau et plein de chocolats/biscuits)

– mes médicaments contre les contractions, mon fer

– les télécommandes de la télévision et de mon disque dur multimédia

– mon ordinateur portable branché, of course

– des livres

– des pelotes de laine et des aiguilles à tricoter (je me suis révélée très mauvaise en tricot mais sur le coup ça m’a plu de m’occuper comme ça)

– mon téléphone portable et mon téléphone fixe

– un plaid

– plein d’oreillers

– mon coussin de maternité

– mon appareil photo pour filmer mon bidou qui bougeait dans tous les sens

– mes chats (ils ont adoré m’avoir toute la journée pour roupiller sur moi !)

– des magazines type Parents, Famili, Infocrèche (c’est ce dernier que j’ai préféré lire)

 

Je me levais seulement pour aller faire pipi, me faire à manger et prendre un bon petit bain le soir. Je m’habillais avec des vêtements amples pour être bien à mon aise.

J’avais souvent des amis ou de la famille qui me téléphonait, je me suis refait toutes les premières saison de NCIS, mon homme rentrait du boulot en m’ayant acheté le bouquin qui venait de sortir et qui me plairait, j’ai tricoté un truc innommable dont même les chats n’ont pas voulu se servir pour dormir dessus, je me suis endormie devant des films à l’eau de rose qui passaient sur M6, j’ai mangé une quantité de chocolats impossible à chiffrer avec exactitude, j’ai découvert plein de trucs sur Internet. Quand le soir arrivait, je me disais presque toujours que je n’avais pas fait tout ce que j’avais prévu !

Tout ça m’a fait un bien fou et je me suis peu à peu remise à bouger. J’ai appris à faire les choses en économisant mes mouvements, en restant assise si possible, et j’ai appris à déléguer au futur papa au lieu de vouloir tout faire moi-même .

Et puis je suis arrivée à 8 mois de grossesse et j’ai pu recommencer à sortir me balader, prendre la voiture (en tant que passagère parce que c’était pas facile de conduire avec ce gros ventre), faire le ménage (même parfois intensivement, comme la veille de mon accouchement)

Et je n’ai accouché qu’avec 8 jours d’avance, c’est-à-dire rien du tout. Ma Coquillette dont le poids avait été estimé trop faible quand elle était dans mon ventre était certes pas bien grande mais tout à fait dans les normes (2,950kg pour 49cm) et en pleine santé.

Si je vous raconte tout ça, c’est pour rassurer les futures mamans à qui l’on assène ce verdict de MAP. Certes, pour moi ça n’a pas duré longtemps, par rapport à certaines qui se retrouvent immobilisées pendant 8 mois complets. Mais franchement, ça m’a fait du bien de me reposer, et puis sachez qu’une fois que votre bébé sera là, vous ne pourrez plus avoir ce genre d’occasion !

Et vous, que faites-vous ou que faisiez-vous pour vous occuper si votre gynéco vous a aussi annoncé que vous étiez en menace d’accouchement prématuré ?

De la purée pour elle, des muffins pour nous !

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J’ai récemment craqué pour un petit livre de cuisine original qui propose, à partir d’une même liste d’ingrédients, quatre recettes : une pour les adultes, une pour les bébés de 6 à 8 mois, une autre pour les bébés de 9 à 12 mois et une dernière pour les enfants de 1 à 3 ans. A partir de 30 recettes pour les parents, il existe 160 recettes pour les petits !

J’ai trouvé le concept malin et comme je ne voulais pas tomber dans la routine avec uniquement des purées de carottes ou des compotes de pommes, j’ai investi dans ce bouquin. (« Bébé mange (presque) comme les grands » de Julie Schwob, aux éditions Larousse)

A peine l’avais-je reçu que je feuilletais toutes les pages et là, j’ai tout de suite su que ce ne serait pas un autre livre de recettes qui resterait sur mon étagère à prendre la poussière. Les recettes sont simples, ne prennent pas trop de temps et ne coûtent pas trop cher, mais sont pour autant originales. Par exemple : une calzone à l’oeuf et aux aubergines pour les parents qui se décline en purée d’aubergine au basilic pour les 6-8 mois, en caviar d’aubergine et dés de mozzarella pour les 9-12 mois et en aubergine farcie au jambon pour les 1-3 ans. Sympa, non ? Petit bonus, à la fin, il y a deux recettes de gâteau : un fraisier et une charlotte poire-chocolat, chacune avec ses déclinaisons pour les petits. Idéal pour les anniversaires !

J’ai déjà testé trois recettes, et je vous présente aujourd’hui les muffins aux petits pois (pour moi), la purée carotte-petits pois et la mousse de petits pois aux herbes pour Coquillette.

Pour 6 muffins (j’en ai fait 9 en réalité):

Ingrédients :

– 3 oeufs

– 1 yaourt brassé

– 2 cuillères à soupe d’huile d’olive

– 1/2 carotte

– 125 g de farine

– 1/2 sachet de levure chimique

– 100g de petits pois frais ou congelés

– 5-6 brins d’herbes fraîches au choix (coriandre, persil, ciboulette, estragon, etc…)

– sel et poivre

La recette :

– Préchauffez le four à 180°C (therm.6)

– Battez les oeufs en omelette et mélangez-les avec le yaourt. Ajoutez l’huile d’olive, salez et poivrez. Pelez et râpez la 1/2 carotte

– Tamisez ensemble la farine et la levure (je ne l’ai pas fait et c’était aussi bien). Incorporez petit à petit à la préparation aux oeufs. Ajoutez les petits pois, la 1/2 carotte et quelques feuilles d’herbes.

– Répartissez la pâte dans des moules à muffins beurrés (s’ils en silicone, ne les beurrez pas). Faites cuire 30 minutes, laissez tiédir avant de démouler.

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Pour Coquillette (c’est-à-dire pour les 6-8 mois) :

 

Purée carotte/petits pois

Faites cuire au four, dans une papillote, une 1/2 carotte (50g) en dés et 50g de petits pois pendant 20 minutes, en même temps que les muffins. Mixez finement.

Mousse de petits pois aux herbes

Faites cuire dans une papillote, 100g de petits pois avec 2 cuillères à soupe d’eau, 20 minutes, en même temps que les muffins. Moulinez avec 2 cuillères à café de yaourt. (Là je me demande s’ils n’ont pas oublié de parler des herbes de l’intitulé mais bon)

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Verdict : les muffins ne sont pas à tomber par terre mais ils sont quand même très bons et très jolis à présenter (surtout dans mes petits moules chats, qu’est-ce que vous en dites ??)

La recette était ultra simple à faire et m’a pris moins de vingt minutes (hors cuisson évidemment). Je me suis entaillé le doigt avec mon couteau en céramique en découpant la carotte mais ça, c’est une autre histoire…

Qui devrait avoir honte ?

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Vous allez vous dire que je passe mon temps à pousser des coups de gueule mais celui-ci n’était pas prévu. Et pourtant, je ne peux pas m’empêcher de revenir sur une émission sur laquelle je suis tombée hier soir.

Je ne suis pas une fan de Confessions intimes et de ce genre de reportages voyeuristes, je sais que la réalité y est déformée, mais j’avoue que de temps en temps j’aime bien regarder pour rigoler, quand je fais autre chose en même temps. On y voit des couples qui se déchirent, des fans de Cloclo ou du King qui font passer leur idole avant leur femme, et puis à la fin, comme par magie, tout s’arrange. C’est complètement bidon évidemment mais en général, les personnes un peu folles ou qui négligent leur entourage promettent de faire des efforts.

Hier, le reportage sur lequel je suis tombée s’appelait « Tu m’épouses ou tu t’en vas ». En voici le résumé :

« A 20 et 25 ans, entre Mandy et Nicolas rien ne va plus. Car depuis la fin de sa grossesse, Mandy accuse encore 10 kg de trop sur la balance … Nicolas le lui reproche et a même honte de s’afficher avec la jeune femme dans la rue. Il ne comprend pas qu’elle se laisse aller. Elle ne se maquille plus, ne se coiffe pas vraiment, elle qui avant avait un look de petite poupée. Aujourd’hui le couple n’envisage pas du tout le quotidien et l’avenir de la même manière. Mandy, elle, rêve de mariage et Nicolas, lui, fuit constamment la maison. »

L’émission se passe 6 mois après la naissance de leur fille. J’ai envie de dire au mec : « ben oui, après une grossesse, tous les kilos ne s’évanouissent pas par magie! » Et avec un jeune bébé à la maison, difficile de trouver le temps de se maquiller et de se coiffer pour qu’elle ressemble à la « poupée » qu’elle était avant… Et franchement, elle est loin d’être laide ! Le mec se comporte comme un vrai salaud, n’hésitant pas à manger des chips devant elle pendant qu’il lui interdit d’en manger, refusant de l’embrasser ou de la câliner parce qu’elle est trop grosse, avouant même que s’il était avec elle, c’était pour son physique. Que l’émission soit vraie ou truquée ou ne serait-ce qu’exagérée, peu importe, j’étais persuadée que c’était le comportement du mec qu’ils allaient tenter de rectifier. Mais non ! C’est cette pauvre fille à qui sa propre mère conseille de se ressaisir ! Elle a le droit à un relooking de 2h (on a toutes 2 heures à passer le matin dans sa salle de bain, c’est évident) et là son homme accepte de l’épouser. Non mais ho, on est où là ?? Je faisais des bonds sur mon canapé ! Ben oui, parce que moi aussi, au début, après l’éccouchement, je ne me coiffais pas vraiment, je mettais un élastique (c’est pratique avec un bébé, mais ça, l’émission semble l’oublier), je portais aussi des joggings (les jeans serrés après l’accouchement c’est un peu dur de rentrer dedans quand même…) Mais si j’ai réussi à dépasser ce cap, si j’ai perdu mes kilos, c’est parce que mon homme m’a soutenue, a été compréhensif, m’a redonné confiance en moi, m’a fait à manger pendant que j’allaitais parce que sinon, vu le peu de temps que j’avais, moi aussi je n’aurais mangé que des cochonneries à longueur de journée !

Il y a beaucoup de choses à jeter dans ce qui passe à la télé, mais là, je crois que TF1 a touché le fond pour dénigrer des femmes qui accusent quelques kilos en trop parce qu’elles ont donné la vie et se consacrent corps et âmes à leur bébé.

Aviez-vous vu cette émission ? Qu’en pensez-vous ?

Le transat Up&Down de Beaba : une révolution pour les jeunes parents

Je ne tiens pas spécialement à faire de la pub pour Béaba, je n’ai aucune raison pour cela, mais si je vous parle aujourd’hui d’un de leurs produits, c’est parce qu’il a été une découverte qui a facilité notre vie de parents. C’est la raison de mon article.

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Pour la naissance de Coquillette, ma mère nous a offert le transat Up & Down de Béaba. C’est une de ses collègues, maman de trois enfants dont un bébé, qui lui avait conseillé. Elle lui avait même dit que si elle ne devait garder qu’une chose de tous ses achats de puériculture, ce serait ce transat.

Quand je l’ai reu, j’étais encore enceinte mais comme nous étions curieux et que l’arrivé de Coquillette était imminente, nous l’avons monté tout de suite. Première impression : whaou, c’est imposant quand même. Et pas forcément très joli mais plein de promesses tout de même puisque très bien pensé : hauteur réglable, inclinaison réglable, bien sécurisé, d’apparence confortable pour le bébé, le transat peut également passer d’une position fixe à une position pour bercer l’enfant.

Et puis Coquillette est arrivée et dès son premier jour à la maison, nous avons voulu l’y mettre. Aïe aïe aïe… Autant vous dire qu’elle n’a pas aimé DU TOUT et ça a continué pendant un bon mois comme ça. Il faut dire que ma fille était un petit format avec ses 49 cm et ses 2,950 kg à la naissance, et elle avait l’air complètement perdue au milieu de ces grandes bretelles. Nous avons donc attendu un peu avant de retenter notre chance et petit à petit, elle s’est habituée au transat : 5 minutes par-ci par-là d’abord, puis 10, puis 15… Et au fur et à mesure, le transat est devenu indispensable. Nous l’emmenions partout avec nous, Coquillette y faisait sa sieste, nous l’y installions pendant que nous étions à table ou que nous faisions la vaisselle pour qu’elle soit à notre hauteur. D’ailleurs, nous n’avons pratiquement jamais changé la hauteur du transat, toujours placé le plus haut possible pour que ma fille puisse voir tout ce qui se passait autour d’elle.

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Quand des amis ou de la famille venaient nous rendre visite, leur réaction était toujours la même, en deux temps : « c’est quoi ça ?? ». Et une fois les explications données : « mais c’est trop bien !! »

Le transat ne peut normalement pas être utilisé après 6 mois mais Coquillette y va encore de temps en temps, même si lorsque nous sortons à présent, nous emmenons plutôt sa chaise haute parce qu’elle est plus adaptée à son âge.

Bientôt, nous ne l’utiliserons plus du tout. Mais nous le nettoierons et le rangerons soigneusement pour un éventuel prochain bébé parce qu’effectivement, ce transat a su se rendre indispensable pour nous, sa taille imposante et son look se sont fondus progressivement dans le décor de notre salon et nous avons pris le coup de main pour le démonter puis le remonter afin de le transporter lors de nos déplacements.

Et vous, l’avez-vous testé ou connaissez-vous un produit similaire ?

Le congé parental : un choix de vie qui a un prix

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C’est un petit coup de gueule que je voudrais pousser aujourd’hui contre une phrase que j’ai entendue des dizaines de fois depuis que je suis maman en congé parental.

Pour que vous compreniez dans quelle situation je me trouve, je vous en réexplique les détails. J’ai un travail qui me plaît, mais qu’on pourrait qualifier de travail/passion : il prend une énorme place dans ma vie, en terme d’investissement et de temps, le jour comme la nuit. Je n’ai pas d’horaires, j’ai sans cesse des imprévus. Le téléphone sonne même quand je suis à la maison, en repos, en vacances. J’ai des collègues qui ont des jeunes enfants et qui ont continué. Je les ai entendues maintes fois parler de leur vie, et même si ça n’a pas l’air de les déranger plus que ça, je ne voulais absolument pas me retrouver dans leur situation. Pas pour moi, mais pour ma fille. Un bébé a besoin d’un rythme, de stabilité, de se coucher tous les soirs à peu près à la même heure après avoir pris son repas dans le calme. Un bébé a besoin de voir sa maman plus qu’une heure par jour et une journée complète par ci par là. C’est en tout cas ma vision des choses.

Coquillette a beau être mon premier enfant, j’ai donc décidé de prendre un congé parental d’un an (au moins pour commencer). Avec ce que ça implique, c’est-à-dire aucune aide financière supplémentaire au-delà de ses 6 mois (et ce n’est pas non plus mirobolant pendant les 6 premiers mois, hum).

Pour mon mari et moi, c’était pourtant une évidence, c’est un confort de vie que nous offrons à notre fille et dont nous bénéficions aussi bien sûr. Nous étions donc d’accord pour ce sacrifice financier.

Quand j’explique ça aux gens, proches, moins proches, on me répond systématiquement : « c’est bien si tu peux te le permettre ». Mais qu’est-ce que ça veut dire exactement, pouvoir se le permettre ? Nous ne sommes pas riches DU TOUT. En réalité, nous sommes même en dessous du seuil de pauvreté. Les gens ne le voient pas, parce que nous avons anticipé cette situation : notre désir d’enfant allait de paire avec ce désir que je sois présente à ses côtés et nous avons épargné, des mois durant. Nos salaires sont tout ce qu’il y a de plus modeste mais nous avons réduits nos frais qui pouvaient l’être, nous avons fait attention à nos dépenses en énergie, nous avons cessé d’acheter des choses qui n’étaient pas strictement nécessaires. Donc, oui, aujourd’hui, je peux me permettre d’être en congé parental tout en continuant à rembourser le prêt de notre maison, à payer nos factures et à acheter à manger, sans aides. Mais je ne m’achète plus de vêtements neufs depuis des mois (sauf carte cadeau reçue pour un anniversaire par exemple), nous n’allons plus au restaurant ou très rarement, nous achetons nos livres en braderie, nous n’avons pas de smartphone mais de vieux téléphones portables vieux de 3 ans déjà. Les seuls petits extras que nous nous autorisons sont pour notre fille : les bébés nageurs pour lesquels nous avions soigneusement gardé les chèques vacances, des vêtements, des jouets… Et nous vivons heureux ainsi, même si j’ai parfois un pincement au coeur en regardant un super pull dans une vitrine, ou de jolies bottes dans le magasin où je suis venue acheter des chaussons bien chauds pour l’hiver pour Coquillette.

Mais ce que nous faisons, tous les gens qui nous disent « c’est bien si vous pouvez vous le permettre », sous-entendant qu’eux ne peuvent pas parce qu’ils ne gagnent pas assez, pourraient le faire eux aussi s’ils le désiraient vraiment !

J’aimerais parfois leur ouvrir les yeux, leur dire : nous gagnions bien moins que vous même lorsque je travaillais encore ! Dans votre langage, nous ne pouvons PAS nous le permettre !

Et vous, le congé parental, vous en pensez quoi ? En avez-vous fait l’expérience ?

Ce que je retiens de l’allaitement

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J’ai adoré allaité. Vraiment beaucoup. Et j’en ai profité à fond pendant six mois complets.

Bien avant d’accoucher, et même avant d’être enceinte si je ne me trompe, j’étais convaincue des bienfaits de l’allaitement pour lé bébé et pour la mère. Il y a quantité d’articles sur ce sujet que ce soit sur les blogs, dans des magazines, etc… C’est pourquoi je ne veux pas parler des bienfaits de l’allaitement. Vous les connaissez sûrement déjà tous et ça ne servirait à rien d’y revenir.

Alors pourquoi cet article ? Parce qu’autour de moi, beaucoup de femmes enceintes ou ayant accouché récemment font le choix de ne pas allaiter (attention je ne juge absolument pas, je pense que l’allaitement ne vaut pas le coup si on n’en a pas réellement envie). Et quand je leur demande pourquoi, elles me donnent souvent une réponse qui, quelle qu’elle soit, m’étonne, parce que je n’ai pas constaté ça dans mon expérience, et qui traduisent le plus souvent une peur ou une gêne. Je me dis que peut-être, à force de rabacher les bienfaits de l’allaitement au sein, on en oublie le sentiment des femmes qui ne ressentent plus que la pression qu’on leur met pour qu’elles acceptent de donner le sein.

Voici donc quelques peurs qu’on m’a citées et sur lesquelles je souhaiterais revenir.

La fatigue

On nous répète souvent qu’allaiter est fatigant et j’ai même lu qu’une journée d’allaitement équivalait en calories dépensées à la moitié d’un match de foot. Pendant les six mois durant lesquels j’ai allaité Coquillette, régulièrement ma propre grand-mère s’inquiétait : « tu dois être fatiguée ! »

Oui. Mais en réalité, ce n’est pas allaiter qui est fatigant, c’est avoir un bébé. Alors oui, quand on allaite, on ne peut pas passer le relais pour nourrir son bébé, on est obligée de se lever à chaque fois la nuit. Mais très franchement, ce n’était pas le plus désagréable : je lisais, j’allais sur Internet, parfois même je m’endormais (Coquillette pouvait téter pendant très, très longtemps). Le plus fatigant, c’est de changer les couches, de faire les lessives, le repassage, la cuisine, le ménage et pour ça, justement on peut vous aider, à commencer par le papa. En fait, je pense que j’aurais été bien plus fatiguée si j’avais dû me lever la nuit pour préparer un biberon, le faire chauffer, le laver, le stériliser, etc…

Le bébé ne fait pas ses nuits

Alors là, sauf exception, je dirais qu’aucun bébé ne fait ses nuits lors des premières semaines. Et si vous avez lu mon précédent article sur le sommeil, vous saurez que ma fille allaitée dormait dix à onze heures d’affilée par nuit à 6 semaines, toutes les nuits, alors que certains bébés nourris au biberon ne font leurs nuits que bien plus tard. Pour moi, tout dépend du bébé, pas de son mode d’alimentation.

J’ai de trop petits seins/tétons

Je mets du 85B et une fois, dans une boutique de lingerie, une vendeuse m’a dit que je devrais porter du 80A (je ne suis plus jamais retournée dans cette boutique…). Mes tétons sont eux aussi ridiculement petits. Mais le corps change avec la montée de lait, et vous n’imaginez même pas à quel point. Je ne croyais pas que ça puisse m’arriver à moi, malgré ce que m’avait expliqué une amie puéricultrice. Et ben si, j’ai pris deux tailles de poitrine en une nuit. Dans mon salon, j’ai encadré une photo de la Coquillette et moi ce jour-là, vous n’imaginez même pas comme je suis fière de ma poitrine sur cette photo… Et Coquillette a trouvé où mettre la bouche sans aucun souci.

C’est douloureux

Là je ne vous contredirai pas. La première tétée n’est pas douloureuse, mais dès le deuxième jour, j’ai commencé à avoir mal aux mamelons. J’ai saigné, un petit peu, et ça n’a pas duré très longtemps. Mais j’ai eu mal pendant deux semaines environ. Les premières nuits ont été les pires, à la maternité, quand Coquillette voulait téter tout le temps (avant la montée de lait). J’appréhendais à chaque fois que je voyais sa petite bouche s’approcher de mon sein, mais ça fait bien moins mal que d’accoucher, alors je pouvais le supporter. Et puis il y a la crème, la fameuse lanoline que l’on peut s’appliquer généreusement et qu’on n’est pas obligé d’enlever avant d’allaiter. Il n’y a pas que ça qui fait mal. On sent les montées de lait, c’est bref, mais ça surprend et il n’y a pas grand monde qui nous prévient. Et puis prendre deux tailles de poitrine en une nuit, ce n’est pas sans contrepartie… Prendre ma douche était un calvaire parce que je devais retirer mon soutien-gorge d’allaitement et j’avais l’impression d’avoir deux boules de bowling sous la peau des seins. Mais ça ne dure pas non plus. Après deux semaines environ, on ne sent plus de douleurs du tout.

On ne peut pas allaiter partout

En fait si. Ou pratiquement. On peut le faire très discrètement : il y a des vêtements d’allaitement qui sont très bien faits pour allaiter en toute discrétion, mais on peut aussi simplement mettre une chemise, ou un T-shirt suffisament décolleté pour qu’il se glisse sous le sein, et s’enrouler dans un foulard ou un châle quand le bébé est en place. Parfois les gens vous regardent bizarrement (mais ce n’est pas vous le problème, c’est eux), mais la plupart du temps on ne vous accorde même pas un regard. J’ai allaité dans un parc, sur des aires d’autoroute, au bord de la mer (magique). Et n’oubliez pas qu’il est possible de tirer son lait à l’avance si cela vous gêne d’allaiter en public.

Bien sûr il y a des inconvénients, des choses pas très agréables. En vrac : devoir porter un soutien-gorge la nuit, se réveiller trempée parce que son bébé fait ses premières nuits complètes et que nos seins n’ont pas encore pris l’habitude, devoir s’exiler d’un repas avec des amis le temps de nourrir son bébé (quoique rien ne vous empêche de faire ça à table, tout est une question de choix personnel)…

Mais à côté de ça, il y a tellement de trucs trop bien (sans parler des bienfaits, encore une fois). D’abord, c’est tellement pratique d’avoir le lait toujours prêt, à bonne température, en quantité adaptée, n’importe où, sans avoir besoin d’emmener quoi que ce soit comme matériel. Et puis c’est agréable : avoir son bébé tout contre soi, sentir ses toutes petites mains qui vous massent (un peu hard avec les mains froides, je vous l’accorde), le voir s’endormir en tétant et se mettre à sourire aux anges, là, tout contre vous. Enfin, ça vous donne une super occasion pour vous asseoir dans votre canapé, ou dans votre lit sous la couette si ça vous chante, pour vous reposer, pour lire. Je voyais les tétées comme les moments de pause dans la journée ! C’est encore mieux si pendant ce temps là, le papa prépare à manger et vous apporte votre assiette. Car comme me l’a dit une pédiatre : « les clefs d’un allaitement réussi, c’est l’accompagnement de l’entourage »

Juste pour vivre ces moments magiques, et sans prendre en compte les bienfaits pour le bébé encore une fois et pour votre organisme encore une fois, je ne peux que vous encourager à essayer au moins quelques jours ! Et ne vous arrêtez pas juste avant la montée de lait, ça arrive souvent mais c’est trop dommage ! Car vous n’aurez connu que le pire sans avoir le droit d’être récompensée pour vos efforts.

Bien sûr pour certaines femmes ça ne marche pas comme elles le voudraient. Ce n’est pas grave, il y a des tas d’autres moments magiques à vivre avec son bébé. Au bout d’un moment (3 semaines, 6 semaines, 3 mois, 6 mois environ), il y a aussi des pics de croissance qui rendent les choses un peu plus compliquées, il faut quelques jours pour que votre production de lait s’adapte, pendant lesquels je vous conseille de ne plus vous consacrer qu’à votre bébé et à votre repos, dans la mesure du possible. Mais ce n’est pas toujours possible. Moi-même, j’ai arrêté à 6 mois, je n’avais plus assez de lait et je ne comptais pas continuer beaucoup plus longtemps de toute façon, je ne me suis donc pas acharnée et je suis passée au lait artificiel peu à peu. C’était le bon moment pour le sevrage, je crois. Je garderai un excellent souvenir de ces six mois en tout cas, avec le recul je me souviens à peine des moments difficiles, et je recommencerai sans aucun doute si j’ai un autre bébé un jour.

Si vous avez d’autres questions concernant l’allaitement, d’autres peurs, que vous soyez future ou jeune maman, n’hésitez surtout pas à m’en faire part dans vos commentaires. J’y répondrai avec plaisir ! Bonne journée !